Critique : Birdman

 

Le film Birdman d’Alejandro Inarritu (désolé pour les accents, mon clavier ne surfe pas sur la vague hispanique) dépeint l’histoire torturée d’une star hollywoodienne tentant de chambouler Brodway. Sa mise en scène osée et ses acteurs prestigieux lui ont rapporté 4 oscars.

 

« Comment s’est on retrouvés ici ? Cet endroit est horrible. Ça sent les couilles. » Riggan se lève. Après un bref appel skype de sa fille, il ouvre la porte de sa loge et s’enfonce dans les coulisses à la lumière moite du théâtre. Au bout d’un labyrinthe de couloirs se trouve une scène, une table, trois acteurs, il prend place sur la chaise vide. « Ce que tu essayes de dire, c’est que l’amour est absolu ? » L’acteur à sa gauche se lance dans une tirade médiocre, situant les émotions ratées que son visage imbécile ne parvient pas à afficher. Riggan lève les yeux au plafond. Un projecteur se décroche, tombe, l’acteur à sa gauche aussi ; du sang sur le plancher. Riggan se lève, quitte la scène.

 

Le scénario est sordide et touchant ; Riggan Thompson (Michael Keaton) joue sa carrière sur les planches du théâtre afin de se débarrasser du costume de super-héros populaire qui lui colle à la peau et à l’esprit. La mise en scène de sa pièce le pousse à risquer jusqu’à sa vie pour obtenir la reconnaissance de Broadway. L’œuvre entraîne le spectateur dans les recoins de monde du théâtre et de l’esprit de Thompson, ses folies, ses peurs, son euphorie et plus particulièrement son artistique schizophrénie. Les déboires de l’acteur défilent à l’écran, en un mouvement unique, dynamique et fluide, créé par le génial esprit d’Inarritu qui pense son film en une seule prise, sans coupes. La performance des acteurs relève du théâtre ; la longueur des scènes implique une connaissance du texte et une parfaite possession de personnages, les gros plans exigent une précision de jeu époustouflante, les moindres mimiques comptent et fonctionnent à la perfection.

 

Une œuvre pensée et chorégraphiée d’une patte de maître et qui permet à Inarritu de laisser sa griffe à jamais dans le monde du cinéma.

Alex Barbier
#TeamSkies

 

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