Le cercle vicieux du perfectionnisme

J’ai eu cet élan lorsque j’étais entrain de relire les textes que j’ai écrit dans mon « journal de pensées ». Voici mon problème : je tends à être perfectionniste. Je l’ai peut être constaté une fois, deux fois, on me l’a peut être fait remarquer, comme ça, au détour d’un papotage anodin de fin de journée, mais la réalité est une tâche d’huile sur une moquette : non seulement elle n’est pas jolie, mais elle ne s’envole pas.

Et elle fait tâche.

Ah ! Me dis-je, peut être que c’est là même la source de ta procrastination et tes réticences à entamer certaines activités ! Tu te dis : de toute façon le résultat ne sera pas satisfaisant donc à quoi bon commencer ? C’est pour cela que tu te dis aussi que tant que tu ne serais pas parfaite, tu ne feras pas ceci, tant que tu ne dessines pas bien, tu ne dessineras pas du tout, tu ne parleras pas cette langue tant que tu ne la maîtrises pas, etc, etc.
Et la liste est longue encore. C’est grave, c’est urgent, il faut un remède.

Le premier pas a été fait : je m’en suis rendue compte. J’ai essayé de cerner le problème, d’observer mon comportement lorsque j’ai un travail à faire pour les cours, lorsque je suis entrain de réviser, d’écrire, ou de dessiner. Voici la définition que j’ai retenue à partir de mon comportement.



Le perfectionnisme est la recherche constante et incessante de l’excellence et du parfait dans ses activités et dans sa vie en général. C’est aussi l’art de remettre son travail en cause, de supprimer un travail jugé boiteux et recommencer à zéro. C’est l’art de se compliquer la vie avec des standards inatteignables et exiger toujours plus de soi-même. Une réalisation en deçà du parfait provoque le courroux ou la frustration, voir même l’anxiété de ne pas arriver à atteindre ce qui est acceptable pour soi. Anxiété aussi à voir les autres juger la personne d’incompétente.

En appréhendant les « échecs », c’est-à-dire de manquer à un but ou de réaliser un travail imparfait, j’essaie souvent de retarder ce moment qui m’est source d’anxiété en recourant à la procrastination. C’est-à-dire que je vais attendre de « devenir parfaite » ou « d’avoir les conditions parfaites » pour réaliser ce travail.

Bien sur, c’est une attitude négative qui engendre l’anxiété, le stress et la hantise du travail parfait au risque de se sentir « un bon à rien ». Bien sur, cela est faux car il ne faut pas lier sa valeur à un résultat ou à un commentaire venant des autres. S’en rendre compte est déjà pas mal. Voir en cette attitude une déficience du comportement et une source de malheur m’a ouvert un peu les yeux et depuis lors, j’essaie de « me laisser aller ». Des fois je laisse le courant m’emporter. Une mauvaise note ? Et alors ? Un compte rendu bâclé ? Ce n’ai pas si grave que ça. L’important pour moi est de sentir que j’ai fait des efforts, que j’ai donné le temps approprié à chaque tâche. Au lieu de faire fixation sur les résultats, je m’assure que le processus était bon.

Aussi, j’essaie de me satisfaire du peu que je fais. Même si cela n’atteint pas les standards du travail parfait, je me dis que la prochaine fois ce sera un peu mieux, et ainsi de suite jusqu’à arriver à la maîtrise.

L’astuce est de ne pas « se casser la tête ». Oui, ne pas faire de son travail une fin en soi, mais un moyen parmi les autres de se bâtir et de se faire une place dans la société. Je me dis de prendre les choses à la légère, mais sans les négliger. C’est cela ma nouvelle devise.

Mais ce n’est pas facile de changer du jour au lendemain. Selon la théorie de la conservation de l’énergie qui stipule que celle-ci ne peut être détruite mais transférée dans d’autres états, mon obsession du parfait doit s’acharner sur une partie de ma vie. Si ce n’est pas sur ma personne, sur mon travail, sur mes dessins, où ce virus obsessionnel trouvera-il refuge ?

Pour l’instant je suis en répit. En sursis plutôt, car si je laisse un peu mon esprit m’entrainer dans le cercle vicieux du perfectionnisme, tout peu recommencer à zéro.

Bouziani Basma
#Teamskies


Comments

comments

No Comments Yet

Comments are closed

%d bloggers like this: