Le prisonnier libre

Comme tous les prisonniers, il est derrière les barreaux, assis seul et plonge dans ses pensées noires et floues, il est condamné par lui-même à perpétuité et parfois à la suicide, il détient en mains son destin et son avenir. Il n’a jamais passé devant un juge, parce qu’il n’a pas commis d’erreur ou de crime envers quelqu’un. Son unique crime est envers lui-même. Il a mit ses pieds en prison par sa propre volonté. Personne ne lui demande pourquoi, personne ne l’accuse. Selon la loi, il n’est pas criminel, mais envers lui, il est.

 

Que peut être cette personne qui fait de lui-même un criminel ? Que peut être cette personne qui choisit la prison à vie ?  Ce n’est pas un fou, ni un malade mental, c’est une personne normale, mais qui vit dans sa vie passée, tout en refusant toute idée du présent ou du futur. Elle s’attache à ses souvenirs passés, qui lui confortent ou lui enterrent et dans les deux cas, ils lui enferment.  Que ce passé soit heureux ou malheureux, elle trouve du plaisir  à se souvenir, car comme le dit Jean-Paul Richter «  le souvenir est le seul paradis dont nous ne pouvons être chassé ».  Cela est normal pour tout le monde, mais lorsque les souvenirs créent une rupture avec le présent ou le futur, et ne créent pas seulement un moment de repos et d’agitation, ce n’est plus normal. En effet, selon cette personne, l’action de se souvenir est comparable à l’action de vivre, d’oublier sa vie présente, si rapide et si différente, elle est également comparable à l’action d’échapper  de la réalité et de se contenter d’un passé charmant ou douloureux.

« C’était mieux avant » « je n’arrive pas à oublier », deux phrases illusoires qui renvoient à la quête d’un sentiment perdu que ce soit d’amour, de haine ou de culpabilité. Or, le temps est comme une rivière ; tu ne peux pas toucher la même eau deux fois, donc le flux qui a passé ne passera jamais à nouveau. Ton passé n’a rien de nouveau à te dire et tu n’as rien à changer dans ton passé. Si nous culpabilisons ou idéalisons le passé, c’est parce que nous cherchons une satisfaction et une entente intérieures et une acceptation extérieure, qui n’expriment rien d’autre que le regret d’avoir laissé passer des moments sans les apprécier ou des actions sans les corriger.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, il n’est jamais trop tard pour changer ce qui peut être  changé. Il n’ya aucune raison de sombrer dans l’amertume, le regret et le sentiment de culpabilité. Le présent nous donne tous une occasion pour revoir les choses et apprécier sa vie actuelle. Mais le changement réside dans l’adaptation à la vie et comme l’écrit Henry Miller« Nul besoin de faire de la Terre un paradis : elle en est un. A nous de nous adapter pour l’habiter » Parce que, aucun problème ou défis dans la vie n’est au-delà de tes capacités, il faut laisser aller ton passé, et le passé te laissera aller pour continuer ta vie présente et préparer ta vie future. Le fait de s’appuyer sur le passé devrait suffire seulement à démontrer l’intérêt d’un présent et d’un futur et non pas pour être condamné à le répéter.

Abourabia Oumaima
#TeamSkies

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